lafleur
samedi 24 juin 2006 à 10:18
Côté éditeur, il ne faut quand même pas oublier que la fraude au clic est en train de flinguer le système.
Malgré les efforts déployés par Google, de plus en plus d'annonceurs, au vu de leurs taux de transfo, renoncent à être affichés sur les sites éditeurs et se contentent d'être présent sur les pages de résultat du robot. De ce que j'observe, cette tendance progresse chaque jour.
En fait, le CPA peut s'avérer être un excellent système.
Dans le fonctionnement actuel, c'est Google qui valide les clics ou les affichages. Je crois que la majorité des éditeurs seront d'accord avec moi pour dire que Google est un partenaire commercial particulièrement fiable.
Dans le cas du CPA, qui va valider le fait qu'une "action" est bien arrivée à son terme ? Le marchand, forcément. Par exemple, il n'y a que lui qui peut dire que la carte bleue a bien été encaissée, que le chèque est bien arrivé ou que la demande de devis n'était pas fantaisiste.
Hors de ce que je vois du comportement des marchands à travers les régies et plates-formes d'affiliation, je ne suis pas rassuré du tout. Quand je vois, dans mon tableau de bord, 30 % d'annulation de ventes, je sais que je me fais enfler. Et ce n'est pas le pire taux que je constate ! A vue de nez, je dirais qu'un marchand sur cinq seulement joue le jeu, les autres profitant du manque de forte concurrence pour gruger les éditeurs qui les affichent.
Et je ne parle même pas des autres contraintes qui font que seul une partie des "actions" induites par un éditeur sont comptabilisées : les ventes qui se concluent au téléphone (un pourcentage monstrueux dans le e-commerce), les cookies refusés par l'internaute (je veux même pas me rappeler le chiffre tellement il me rend malade

) ou le système de tracking qui ne fonctionne pas les jours de pluie.
Pourtant, la manière de procéder avec Adsense est hyper-satisfaisante : on laisse à Google un espace sur une page, il se débrouille avec ses stats, son tracking et sa technique pour afficher qui il souhaite et optimiser réellement son revenu, donc celui de l'éditeur.
Si ça reste ainsi et si les annonces en CPA sont, par exemple, en concurrence avec les annonces en CPC, un marchand qui propose un taux de transfo minable ou des reversements ridicules ne sera pas affiché très longtemps. Seuls devraient rester en place ceux qui font gagner de l'argent aux sites qui les affichent.
Je ne serais donc pas aussi catégorique que vous. Oui, vos arguments sont valables et il est possible que les éditeurs y perdent. Mais je crois que cela dépendra surtout de la façon dont Google va organiser ça. Il est possible qu'au contraire, les éditeurs y gagnent :
- la fraude est rendue plus difficile, cela incitera beaucoup de marchands à accepter de nouveau à être présent dans les Adsense ;
- Google ne lance pas un nouveau système pour perdre de l'argent. S'il voulait prendre plus, il lui suffirait de baisser la com' reversée aux éditeurs ou de comptabiliser un peu moins de clics. Hors Google a besoin de reverser plus d'argent aux éditeurs afin de les conserver face aux offres Yahoo et Msn à venir ;
- les marques qui ont besoin de visibilité et d'image pure et dure ne font pas forcément du bizness en ligne une priorité (le but est souvent d'attirer la personne vers les "vrais" magasins"), il n'est pas certain qu'elles parviennent à proposer une "action" suffisamment rémunérée pour être affichée. Pour celles-ci, le CPM sur de très gros sites est bien plus intéressant.
En conclusion, sur le principe, rien ne s'oppose, pour moi, à ce que ce système soit très valable pour les éditeurs. C'est la pratique et les modalités de son fonctionnement qui feront pencher la balance dans un sens ou dans un autre.
Voilivoilà