Et pour ajouter aux toujours excellentes interventions de l'ami Denis, quelques précisions qu'il est toujours utile de rappeller :
- La part de la population française touchée par un handicap (du plus léger au plus grave) était en 2003 (rapport insee) de l'ordre de 15%
Ce qui n'est pas rien.
De fait pour le webmastering, refuser au nom de la "liberté d'entreprendre" qui en la matière serait plutot la liberté "de ne rien comprendre", d'améliorer l'accessibilité d'un site, c'est décider de diminuer de facto le potentiel de visite, ce qui est tout à la fois commercialement stupide, technologiquement rétrograde et particulièrement méchant quand on sait combien il n'est pas si difficile de le faire.
- Cette proportion ne va qu'augmenter au même ryhtme que le vieillissement de la population pour atteindre selon les projections en vigueur le double du taux actuel, l'accessibilité des sites webs à ces publics ne sera alors plus un sujet de débat, mais un critère de survie économique.
- Dans l'esprit du législateur "l'obligation" faite aux sites publics n'est pas une contrainte mais l'application stricto-sensu de la notion de "service-public", le débat sur ce sujet me semble assez vain.
CITATION
Il me parait difficile d'obliger des sites "prives" a etre accessibles, c'est comme si on imposait aux groupes Pearson ou Amaury de publier une version braille de "Les Echos" ou "L'Equipe".
Ben non, justement, et cette remarque vaut également pour la comparaison avec le sous-équipement de l'espace urbain,
Ce n'est pas du tout la même choseFaire un journal de l'envergure de l'équipe en braille représenterait des investissements collossaux et serait vraisemblablement économiquement désastreux, comme il est toujours difficile de boucler des budgets d'équipement des batiments et des structures urbaines, eut égard aux contraintes matérielles.
Tout au contraire, rendre un site web accessible, n'est qu'une question de volonté, les incidences budgétaires sont mineures et largement auto-finançables par les effets positifs sur le potentiel commercial et l'image de marque.
Mieux, si cette opération est menée en parrallèle à une normalisation (passage aux technologies standards) alors le bénéfice est immédiat et les gains de productivité sont au choix "intéressants, énormes ou incroyables", selon les cas.
Pour rappel une normalisation cohérente peut diminuer les coûts de bande passante de l'ordre de 50% et ceux de la maintenance et du webmastering de l'ordre de 20%.
Pour des sites qui payent la bande passante au débit, le gain immédiat se chiffre communément en dizaine de milliers d'euros, voir, pour des sites à fort traffic (plusieurs millions de pages vues), en million d'euros.
Du coup, on se rends vite compte que non seulement l'opération est à coup-zéro mais qu'en outre elle produit son propre financement avant de participer au CA.
Ceux qui mettent en avant la "compléxité" et le coût d'une normalisation et d'une mise aux normes "accessible", sont au mieux ignorants, au pire totalement incompétents.
Parce qu'en réalité ce qu'ils vendent ce sont des sites qui coûtent plus cher à produire, plus cher à maintenir, plus cher à diffuser pour un potentiel commercial diminué ce qui est quand même un comble avant même d'être simplement ridicule.
Je fais partie de ceux qui regrette amèrement le choix de ce terme "obligation" car on en voit le résultat immédiat et très "français", héritage des jacqueries d'antan, et on discute de cette scandaleuse "obligation" alors qu'on devrait discuter de choses beaucoup plus simples et immédiatement compréhensibles :
Rendre un site web accessible c'est simplement faire preuve d'un minimum de citoyenneté, d'humanité et de bon sens.
Passer un site aux standards c'est tellement profitable en termes économiques que le sujet n'est en même pas un.
Refuser ces technologies innovantes (qui date quand même de 1999, ce qui laisse rêveur sur la veille technologique des agences web !) c'est un peut comme si votre fournisseur informatique vous recommendais chaudement d'utiliser windows 95 comme OS de production, ça vous ne ferait pas un peut peur ???
Maintenant le "vrai" problème ce n'est pas l'obligation de la loi, le réel problème c'est comment on va le faire.
Car même si la loi ne concerne que les sites "publics" et assimilés, cela en fait quand même un bon paquet car outre l'administration cela concerne également les écoles, universités, centre de formation, mairies, conseils régionaux, centre de recherche, bibliothèques et centre de ressources documentaires, services sociaux et toutes les structures gravitant dans l'hydre de l'administration européenne.
Et cela ne concerne pas "que" les pages webs, mais "tous" les documents électroniques, donc des pans entiers des systèmes d'informations associés.
Une estimation de 2003 notait qu'il faudrait former entre 1000 et 1500 développeurs et formateurs spécialisés "par an" pour satisfaire au chantier, qui implique en sus de rendre les sites web accessibles de former les équipes de webmastering (!!) et de recontroler tous les sites à intervalles réguliers (tous les ans dans le cas du label accessiweb par exemple).
Là il y à un vrai débat et, par ailleur une réelle opportunité pour tous ceux d'entres vous qui ont du mal à trouver des jobs...