Si tous les référenceurs voulaient se donner la main…

Crée en mars 2008, elle est présidée par Philippe Yonnet (alias Cariboo). SEO Camp a pour objectif de rassembler ceux qui travaillent dans le référencement pour unir leurs forces, échanger sur toutes les problèmatiques de cette discipline, mais surtout mieux faire connaitre ce métier, élaborer des stratégies de formation et d’emploi.

Webmaster-Hub : Qui se cache derrière le pseudo : Cariboo ?

Philippe Yonnet : Un certain « Philippe YONNET » référenceur de 42 ans, président de l’association SEO Camp depuis mars 2008.

W. H. : Tu n’as pas toujours été référenceur Comment es-tu arrivé à cette profession ?

P. Y. : J’ai commencé par travailler dans l’immobilier et les assurances jusqu’à la fin des années 90. Puis j’ai commencé à m’intéresser au web. J’ai commencé à m’intéresser au référencement au début des années 2000 . D’abord par nécessité, pour développer l’audience des sites du groupe Studyrama (j’ai dirigé le Département Internet de Studyrama de 2001 à 2007). Puis c’est devenu rapidement une passion. J’ai rejoint l’agence Aposition en juillet 2007 : je dirige leur équipe d’experts en référencement ainsi que le département R&D.

W. H. : Comment est né SEO Camp ? Qui est à l’origine de l’association ?

P. Y. : Tout est parti d’une initiative d‘Alexandre Villeneuve, relayée et encouragée par David Degrelle (le PDG de 1ère Position NDLR). Au cours d’un barcamp organisé en décembre 2007, les participants ont exprimé clairement leur volonté des rencontres conviviales entre référenceurs se développer, mais ils ont aussi appelé de leurs voeux la création d’une organisation plus structurée : en clair une association de référenceurs.

W. H. : Quel est l’objectif de SEO Camp ? et les étapes pour y parvenir…

P. Y. : L’un des principaux objectifs est de faire connaître les techniques de référencement à un nombre croissant de personnes. Mais aussi de promouvoir le métier de référenceur et l’image du référencement.

Nos activités alternent donc l’organisation de rencontres amicales et conviviales : apéros, repas, barcamps, séminaires avec un travail moins visible mais tout aussi important de lobbying et de promotion du métier.

W. H. : Différents SEOïstes ont, déjà, tenté de se regrouper en associations plus ou moins avortées : quels sont les atouts, mais aussi les faiblesses, de SEO Camp pour réussir ce défi ?

P. Y. : Si vous pensez à l’IPEA et à SEMA 7, les débuts ont été encourageants, mais c’est vrai, aujourd’hui, il ne reste pas grand chose de ces initiatives. Une autre tentative plus récente rassemblant les entreprises adhérant aux deux organisations a elle franchement avorté au bout de quelques semaines. J’espère qu’il n’y a pas de signe indien autour des associations de référenceur. Mais j’ai tendance à croire que l’on peut apprendre des erreurs passées, et je suis donc très confiant dans l’avenir de cette association.

Déjà l’association rassemble des individus, et non des entreprises. Cela évite d’avoir à mélanger les objectifs de l’association avec des luttes économiques. Ensuite l’association est plurielle : elle rassemble aussi bien des webmasters passionnés par le référencement, des référenceurs « in house », des consultants indépendants, que des personnes travaillant en agence.

Ensuite, elle réunit depuis sa naissance des membres de toutes les communautés du référencement : elle rassemble au delà des luttes d’influence entre forums, « teams » et autres couleurs de chapeaux.

Sa faiblesse, c’est son manque cruel de moyens, et le fait que tous nos membres sont des bénévoles qui ont par ailleurs des activités professionnelles parfois très prenantes. Bref nous arrivons à faire avancer les choses, mais les résultats s’obtiendront avec beaucoup de temps, et de patience.

W. H. : Qu’est-ce qu’un Barcamp ? N’est-il pas « foo » de penser que cela a une relation avec le comptoir d’une taverne même si l’ivresse du partage d’informations peut y régner ?

P. Y. : En fait un barcamp est une forme de réunion participative. L’origine du « bar » (dans barcamp) n’a rien à voir avec un comptoir, cela vient de « foobar », qui est l’équivalent de « toto » pour les développeurs anglosaxons. A l’origine, les barcamps sont nés d’une initiative dissidente par rapport aux « Foocamps » organisés par les éditions O’Reilly aux Etats Unis. Les Foocamps étaient des manifestations élitistes (sur invitation), les Barcamps sont aux contraires des réunions ouvertes à tous, où tout le monde participe.

En fait, notre concept de barcamp, les Seocamps, diffère un peu des barcamps d’origine. Le principe habituel qui consiste à demander à tout le monde de préparer une intervention est abandonné. Ceux qui veulent le font, mais si certains veulent juste poser des questions, suggérer des thèmes, ils peuvent participer. Les SEOCamps sont effectivement de grands « happenings » de partage d’information et d’expérience en petits groupes ou tout le monde peut parler. Le barcamp organisé à Toulouse a été un exemple assez pur de ce nouveau concept.

W. H. : S’il on est pas membre de l’association peut-on tout de même participer à un Bar Camp ?

P. Y. : Oui absolument. Les SEOcamps et les apéros SEOCamps sont ouverts à tous. Pour les barcamps, la différence réside dans la participation aux frais : elle est fortement réduite pour les membres.

W. H. : L’objectif de SEO Camp semble être de faire connaître l’intérêt du positionnement des sites dans les moteurs de recherche et le métier de référenceur et donc, à terme, développer le marché du référencement. Mais cette stratégie ne peut-elle pas, en fin de compte, ne profiter, essentiellement, qu’aux sociétés de référencement réputées et déjà connues ?

P. Y. : Franchement, cette analyse n’est pas la mienne, ni celle de l’association. Le développement de la prise en compte de l’intérêt du référencement va surtout créer un très grand nombre de postes chez les « annonceurs », au sein des équipes gérant les sites. Ces contingents de référenceurs « in house » seront bien plus importants que ceux travaillant en agence. Elargir la base des clients par ailleurs profitera à tout le monde : indépendants, petites ou grosses agences. A chacun de savoir « capter » cette clientèle nouvelle.

Note WH : Photo : Les membres du bureau de SEOCamp

W. H. : Quelles sont les premières actions de l’association depuis son lancement ?

P. Y. : Nous avons organisé deux apéros référencement, et un barcamp à Toulouse.

Nous avons lancé un travail d’étude sur les formations initiales préparant au métier de référenceur, sous la direction de Nicolas Guillard.

La commission emploi présidée par David Durand Pichard a lancé plusieurs initiatives comme le questionnaire sur le recrutement des référenceurs qui a été diffusé récemment, ainsi que des actions communes avec l’APEC.

Nous travaillons à une refonte du site pour aboutir à quelque chose de beaucoup plus informatif et nous allons lancer une newsletter cet été pour avoir un organe de liaison opérationnel à la rentrée. Dès que c’est prêt nous avons également prévu un travail de communication externe sur le métier et les enjeux du référencement.

W. H. : En quoi consiste ton travail de président ?

P. Y. : Comme tout président d’association, je suis tour à tour animateur, gestionnaire, porte parole, représentant légal, organisateur d’évènements… Heureusement qu’il y’a une équipe pour m’aider, parce que mes journées ne font que 24 heures.

W. H. : Combien de membres compte cette association ?

P. Y. : Soixante dix adhérents ayant cotisé et cent soixante quinze sympathisants déjà. Je pense qu’avec la rafale d’évènements ambitieux que nous préparons, et les premiers résultats sur le travail de fond réalisé dans l’ombre par l’association, nous serons vite à 300 ou 400 membres. Ce qui pour une association avec un objectif aussi « confidentiel » s’annonce déjà comme une jolie réussite.

W. H. : Quels sont les prochains événements prévus ?

P. Y. : En septembre, nous préparons un barcamp à Paris (un Seocamp, pas juste un apéro). Toujours au mois de septembre, un samedi, une journée « droit de l’internet » à Marseille avec un cabinet spécialisé. En octobre, un apéro SEO à Bruxelles et un autre à Rennes. En novembre les 24 et 25 novembre, nous organisons le premier SEOcampus, un grand séminaire pour réunir tous les acteurs du référencement sur deux jours dans une ambiance conviviale. D’autres évènements se préparent pour la rentrée, mais nous n’en connaissons pas encore la date : par exemple une manifestation se prépare à Montpellier, et une autre à Strasbourg.

W. H. : Pourquoi devenir membre ?

P. Y. : Pour soutenir l’action de l’association. Pour être tenu informé de ce qui se passe autour du métier (la newsletter que nous lançons fin juillet sera ). Pour bénéficier des tarifs réduits sur nos évènements. Et avant tout, pour rencontrer d’autres passionnés de référencement, et partager, échanger avec eux dans une ambiance conviviale.

W. H. : Pourquoi faut-il obligatoirement être parrainé par deux membres pour s’inscrire à l’association ?

P. Y. : C’est un héritage du passé difficile qu’ont connu les associations de référenceurs. Lors du lancement, beaucoup avaient peur que l’initiative soit récupérée, ou qu’une politique d’entrisme « colore » fortement l’association au profit d’une agence ou d’une communauté spécifique. Le système de cooptation a été mis en place pour éviter des dérives.

W H : As-tu déjà refusé des inscriptions ? Si oui, pour quel motif ?

P. Y. : Non, ce n’est jamais arrivé.

W. H. : Quel est le profil d’un membre type de votre association ?

P. Y. : Les provinciaux sont surreprésentés par rapport à la démographie réelle des passionnés de référencement. C’est pour cela que nous avons décidé dès l’origine de délocaliser un grand nombre d’évènements. Par ailleurs, il y’a beaucoup d’indépendants, de référenceurs in house et de webmasters passionnés de référencement. Les référenceurs travaillant en agence sont là et bien là (la plupart des grosses agences sont représentées), mais ils sont en minorité. C’est plus conforme à la réalité de la communauté du référencement.

W. H. : Si on effectue une rotation lévogyre de 90° du logo de SEO Camp, on peut y reconnaitre les bois stylisés d’un caribou. Peut-on y déceler une empreinte de Mister Président, un clin d’œil à son avatar ?

P. Y. : Non, le logo a été créé par Alexandre Villeneuve bien avant que je propose de présider aux destinées de cette association. Donc aucun clin d’oeil là dessous.

W. H. : Que symbolise ce logo ?

P. Y. : Je n’ai jamais posé la question à Alexandre : il faudra donc qu’il me confirme mon interprétation. Le « rond » symbolise la planète et l’internet, les deux zones jaunes et orange rappellent le yin et le yang (et le caractère « adversarial » de notre métier), les 3 arcs de cercle les ondes et la communication, la flamme la passion et les couleurs chaudes la convivialité. Un symbolisme très riche…

W. H. : S’il semble aisé de réunir quelques petites dizaines de passionnés (ou intéressés) du référencement sur Paris, n’est-il pas plus difficile d’en réunir quelques-uns en Province ? N’y a-t-il pas à terme un risque de Paris-centrisme ? Et existe-t-il un intérêt à être présent hors de Paris ?

P. Y. : Oui, la province est plus une terre de mission, mais nos membres de province ont a contrario plus besoin de nous pour organiser des rencontres. Donc dès le départ nous avons choisi d’organiser la moitié des évènements hors Paris. Pour nous c’est une nécessité, même si c’est compliqué, lourd, et parfois ingrat.

W. H. : Quels sont les moyens mis en place par le tout jeune SEO Camp pour être présent au Sud, au Nord, à l’Est et à l’Ouest ?

P. Y. : Rien de particulier pour le moment, à part une tournée d’évènements. Lorsque nous aurons fait un tour de France, nous aurons suffisamment de membres en région pour envisager la création de délégations régionales. Pour le moment c’est prématuré.

W. H. : A terme une association telle SEO Camp ne souhaite-t-elle pas être une « force de proposition », un interlocuteur, un lobbyiste auprès des principaux moteurs de recherche ?

P. Y. : Il faudra d’abord qu’elle ait acquis une vraie légitimité, ce qui prend du temps. Je ne pense pas non plus que l’association disposera un jour de suffisamment de pouvoir pour obtenir quoi que ce soit des moteurs qu’ils n’aient pas envie de faire. Cela n’empêche pas l’association de pouvoir faire passer des messages. Voire de servir de relais aux moteurs pour faire passer des messages aux SEO francophones. Quant au lobbying : nous avons commencé à travailler les pouvoirs publics français à l’occasion des Assises du Numérique. Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est utile, tant nos décideurs sont à mille lieux de comprendre à quel point l’économie numérique française est dépendante des moteurs de recherche et de Google en particulier.

W. H. : A l’heure où certains référenceurs tendent à se replier sur eux-mêmes (forum SEO très fermé…), SEO Camp pronent, au contraire, l’ouverture au public. SEO Camp ne va-t-il pas à contre-courant ? Pourquoi ?

P. Y. : Je ne sais pas qui est à contre-courant. Chacun fait ce qu’il veut en plus. Notre objectif est de s’adresser au plus grand nombre, et de faciliter les rencontres et le partage, dans la droite ligne de la culture internet des origines. Maintenant, le savoir et l’information sont stratégiques en SEO, et je n’ai pas non plus l’impression que grand monde ouvre grand sa boîte à secrets dans nos réunions.

W. H. : Quel est l’impact du flux RSS sur le référencement d’un site ?

P. Y. : Ca c’est plutôt une question à poser à Cariboo sur le forum qu’au président du SEO Camp. L’association n’a pas vocation d’ailleurs en général à se substituer aux acteurs ou aux médias existants.

W. H. : Yahoo !, Google, Live Search etc… La même technique de référencement pour tous ses moteurs de recherche ?

P. Y. : Non si on rentre dans le détail, oui sur les grands principes / étape. Pour un site français, le plus simple est de travailler son référencement pour Google, et de ne pas s’occuper des autres moteurs. Et même remarque que pour la question précédente 🙂

W. H. : Un jeune qui veut devenir référenceur, quelle est la formation qu’il doit suivre ?

P. Y. : Pour le moment, il y’a un vrai déficit de formations initiales adaptées. Les DUT SRC ont parfois des programmes qui intègrent le référencement, ainsi que certains master 2 multimedia. Mais rares sont les référenceurs aujourd’hui qui sont issus de ces filières. Donc le profil idéal est celui d’un développeur web qui a appris le netmarketing, ou d’un netmarketer qui a appris un langage web et le webmastering. Bref, une double compétence et une culture générale web importante est nécessaire, ainsi qu’une expérience, acquise en agence, ou chez l’éditeur, en sachant que beaucoup sont également autodidactes.

W. H. : Peut-être un truc s’il est prévu de faire des crossovers avec d’autres SEObarcamp étrangers ?

P. Y. : Pour l’instant je n’en connais pas.

W. H. : Est-ce qu’il pourrait y avoir un Labo SEOBarcamp où les membres pourraient mettre en pratique leurs expériences issues des discussions ?

P. Y. : C’est prévu, mais cela n’a pas encore été lancé.

W. H. : On peut lire sur le site qu’une commission s’occupe de la formation. Envisages-tu un séminaire : SEO Campus pour remplacer W3-Campus ? Si oui, une date peut-elle être avancée ?

P. Y. : Oui c’est le 24 et 25 novembre, à Paris Et il y’aura un cycle « découverte du référencement » prévu. Je précise que l’association n’a pas vocation à organiser ou à dispenser elle même des formations, mais que sa mission est de développer l’offre de formation.

W. H. : Envisages-tu de faire du référencement une discipline qui s’apprendra à l’école ? De demander la création d’un diplôme de référenceur ?

P. Y. : Oui, il est clair que nous souhaitons que le SEO soit abordé dans toutes les formations orientées programmation web et netmarketing.Pour le diplôme : à terme peut-être. Nous évaluons la situation pour le moment.

W. H. : Une autre commission est l’emploi… Quel sera le travail de cette commission ?

P. Y. : Il s’agit d’étudier le marché de l’emploi : évaluer les effectifs, les salaires, les niveaux de responsabilités, la mobilité, les difficultés de recrutement etc…

W. H. : Envisages-tu à terme de proposer un service : « Offres et demandes d’emploi » pour les membres de l’association ?

P. Y. : Oui c’est prévu dans la nouvelle version du site.

W. H. : On peut lire dans ta présentation sur le Hub que tu es passionné de droit. C’est pour cette raison que tu n’hésites pas à prendre le bain avec des avocats ? Ou c’est simplement pour préparer une éventuelle journée « Droit sur Internet » en collaboration avec le Hub ?

P. Y. : J’avais écrit passionné de « droit de l’internet ». En fait je suis passionné par le droit en général (droit social, privé, immobilier, des entreprises, internet et c’est utile ces temps-ci, droit des associations) ! Non effectivement c’était pour préparer une journée avec le cabinet Alexander sur le droit de l’internet. Je pense que l’on parlera des problèmes juridique que pose l’activité de référencement (droit des marques, parasitisme, concurrence déloyale, responsabilité), de la responsabilité des moteurs de recherche, mais aussi et surtout de la LCEN, et de toute la réglementation spécifique ou non que doivent absolument connaître les webmasters aujourd’hui.

W. H. : Merci à SEO Camp en la personne de son président, d’avoir répondu aux questions des membres. Nous souhaitons à cette association une belle réussite dans ses projets.

P. Y. : Merci au Hub, et merci à toi Arlette. Et rendez-vous tous mardi soir 1er juillet à 19h au café des Ternes pour notre prochain apéro référencement

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