Vendre sur Internet : la solution e-commerce

La société SYNOLIA a été créée en 2004 par une équipe de professionnels reconnus dans les domaines de la gestion de la relation client (CRM), et l’e-commerce au travers de la solution Businesshop. Avec aujourd’hui près de 200 clients, du créateur d’entreprise au grand compte (MANDRIVA, SANOFI, PERNOD RICARD…), SYNOLIA équipe chaque années 50 à 60 nouveaux clients avec un panel de solutions étudiées et adaptées, toutes orientées dans la même direction : La réussite de votre activité, un retour sur investissement très rapide, pour une collaboration et un accompagnement à long terme.

Les questions sur le e-commerce étant récurrentes sur le forum, exceptionnellement je n’ai pas fait appel à notre panel de membres pour poser les questions. J’ai préféré, pour avoir une approche très candide de la question. J’ai donc posé les questions moi-même, vu que je suis un internaute lambda qui ne connaît donc pas toutes les subtilités ce domaine.

La vente via Internet, étant en progression constante, il m’a paru intéressant de faire appel à un professionnel (membre actif de la communauté) pour vous éclairer.

Arlette : Pascal Brunel on vous connaît sous le pseudo de Bshop sur le Hub, mais pouvez vous nous dire qui se cache sous ce pseudo ?

Pascal Brunel : Je suis un des 4 associés de SYNOLIA et je m’occupe plus particulièrement de l’offre e-commerce BUSINESSHOP. A 31 ans, j’ai suivi un parcours en Economie puis en Informatique (Licence d’économie, Licence, IUP et DESS Informatique). J’ai commencé ma carrière comme beaucoup en SSII comme consultant, avant de vouloir passer à la vitesse supérieure et me spécialiser dans un domaine qui me passionne depuis toujours : l’e-commerce.

En 2001, j’ai donc créé avec Vincent Rollin, un de mes associés actuels, la solution Businesshop, qui est une offre complète architecturée autour d’un noyau e-commerce open source bien connu : Oscommerce. Ce fût une réussite quasi-immédiate, et Businesshop n’a cessé depuis cette époque de croître et se développer. Nous avons toujours eu pour ambition d’en faire l’une des meilleures solutions e-commerce.

En 2004, nous avons élargi notre activité en créant avec 2 autres associés la société SYNOLIA, qui englobe l’activité e-commerce de Businesshop mais propose également tout un panel de solutions de Gestion de la Relation Client, notre autre domaine d’expertise, que l’on appelle aussi CRM (Customer Relationship Management).

Arlette : Combien de personnes travaillent chez Synolia ?

P. B. : Aujourd’hui SYNOLIA rassemble une quinzaine de personnes, avec une petite équipe commerciale et surtout un gros pôle développement regroupant une équipe de développeurs web, consultants fonctionnels, designers, afin de nous permettre de traiter un projet de A à Z, de sa conception à sa réalisation.

Arlette : Assurez-vous des formations pour vos produits ?

P. B. : Oui, nous disposons depuis plusieurs mois maintenant d’un agrément formation nous permettant de dispenser des formations sur l’ensemble des produits et services que nous commercialisons.

Arlette : Comment définiriez-vous le e-commerce ?

P. B. : C’est tout simplement un nouveau canal de distribution, désormais incontournable, pour les produits et services de l’entreprise. C’est un moyen efficace pour tout entreprise d’ouvrir son catalogue à un panel de clients beaucoup plus large qu’une boutique physique traditionnelle. On parle de BtoC lorsque le commerçant s’adresse à une clientèle de particuliers, et de BtoB lorsqu’il s’agit de commerce entre professionnels. Il existe également d’autres modèles plus spécifiques comme le CtoC, dédié à la mise en relation entres particuliers (exemple : ebay, priceminister…) …

Arlette : Un site e-commerce peut-il être hébergé sur tout type de serveur ? Je veux dire un serveur mutualisé par exemple.

P. B. : En théorie oui, un espace mutualisé n’étant rien moins qu’un petit espace réservé sur un serveur dédié. En pratique c’est un peu plus compliqué, le commerce en ligne nécessite souvent l’installation sur le serveur de librairies spécifiques, que ce soit pour le paiement sécurisé, pour l’exécution automatique de tâches de synchronisation ou d’import/export de données. Un commerçant hébergeant son site sur un espace mutualisé sera alors bien souvent limité, le contrôle total du serveur ne pouvant lui être confié par l’hébergeur, souhaitant conserver une architecture type. En mutualisé, il y aura également rapidement des problématiques importantes de sécurité ou de montée en charge, réservant ce type d’hébergement aux ‘petits’ sites de commerce en ligne. Personnellement, nous avons fait le choix, avec l’équipe BUSINESSHOP, de ne pas proposer d’hébergement mutualisé pour les raisons citées plus haut. Nous louons par exemple tous nos serveurs dédiés auprès d’hébergeurs professionnels, nous en avons ainsi un contrôle total et pouvons proposer aux webmarchands qui nous font confiance des solutions de qualité, avec des possibilités quasi-illimitées d’évolution. Nous travaillons donc exclusivement en dédié ou semi dédié.

Arlette : Peut-on ouvrir une boutique avec une adresse type : free, wanadoo …

P. B. : Si j’ai bien compris : peut on héberger sa boutique e-commerce sur l’espace perso proposé gratuitement par son fournisseur d’accès ? Encore une fois en théorie pourquoi pas, mais ces espaces ne sont absolument pas fait pour cela et les contraintes vont être très fortes dès le départ. Quand on veut monter une activité e-commerce il faut se donner les moyens de réussir. Héberger son site e-commerce sur ce type de solution c’est un peu comme ouvrir une boutique de luxe dans un algeco

Arlette : Est-on obligé d’avoir un statut de commerçant pour mettre en ligne un e-commerce ?

P. B. : Oui et heureusement, le commerce en ligne est soumis à la législation française traditionnelle propre à toute activité commerciale. Pour vendre en ligne il faut donc être inscrit au registre du commerce et disposer du statut approprié (EURL, SARL …).

Arlette : Existe-t-il des « solutions clé en mains » qui peuvent être mises en ligne en quelques heures ?

P. B. : Oui il existe sur le marché grossièrement 2 types de solutions :

  • Les solutions packagées, basées sur un moteur e-commerce standardisé. Ces solutions peuvent être mise en ligne rapidement, moyennant des paramétrages simples pour tout ce qui est paiement sécurisé, frais de transport etc… Elles disposent d’un panel de fonctionnalités défini, permettant d’assurer la mise en ligne d’un catalogue produit, son animation, la gestion d’un portefeuille client et des commandes associés.

  • A l’opposé on trouve les solutions sur mesure, qui, bien que souvent basées également sur un noyau technique et fonctionnel ‘standard’, font l’objet de développements spécifiques pour correspondre aux besoins précis du e-commerçant, que ce soit des besoins fonctionnels, la mise en place d’une charte graphique spécifique, ou tout autre développement prévu dans le cahier des charges du projet e-commerce. Cela prend évident plus de temps à déployer, mais donne la possibilité d’adapter l’outil aux besoins du client.

Arlette : Peut-on personnaliser son site tout seul, ou est-on obligé de faire appel à un webdesigner ?

P. B. : Si vous disposez des compétences artistiques nécessaires il vous est possible de réaliser vous-même la charte graphique de votre site. Bien entendu, il faut que la solution e-commerce que vous aurez retenu vous le permette. Une solution packagée d’éditeur présentera souvent beaucoup de limitations en terme de personnalisation. Il ne sera bien souvent pas possible que de changer de dominantes de couleur, le logo, sans faire de modification en profondeur de la solution.

Les solutions Open Source, quant à elles permettent une parfaite personnalisation, puisque aucun frein technologique n’empêche le webmarchand ou son prestataire de faire évoluer ou personnaliser la solution, si ce n’est leurs propres compétences…

Arlette : Mettre en ligne son site est une chose, le faire connaître une autre. Le référencement est-il simple dans le cas d’un site en ligne « préfabriqué » ?

P. B. : Ici aussi, une solution packagée devra prévoir une optimisation du site pour permettre un parfait référencement. Il y a encore aujourd’hui trop de solutions d’éditeurs de renom qui ne proposent pas d’url rewriting, de génération automatique de plan de site, ou encore de personnalisation des pages produits en vue d’un parfait référencement. De ce point de vue il faut bien choisir sa solution en fonction de ses possibilités techniques en matière de référencement.

Ensuite reste à obtenir un bon référencement, et ceci passe forcément à mon avis par un référencement professionnel si le webmarchand souhaite prendre une part significative sur son marché. Le référencement est un métier à part entière, tout comme la conception de site. Il faut donc en même temps que l’on choisi son partenaire e-commerce, choisir un prestataire de référencement et que ces deux acteurs travaillent de concert pour mettre en place la meilleure solution e-commerce possible !

Arlette : Il existe deux types de vente : La prestation de service, et les ventes de marchandises. Cela demande-t-il deux types de site e-commerce ?

P. B. : Un service n’est ni plus ni moins qu’un produit immatériel. Il est donc tout à fait possible de vendre du service au travers d’un site e-commerce traditionnellement dédié à la vente de produit physique, sans la problématique « logistique ».

Par contre nous avons reçu ces derniers mois chez SYNOLIA de nombreux cahiers des charges pour la mise en place de solutions de vente de musique en ligne par exemple, ou de vidéos. Ces projets sont très particuliers car une attention toute particulière doit être portée à l’architecture technique (les serveurs hébergeant le site sont alors en général très coûteux car doivent permettre le streaming de fichiers audio et video…). Il est également nécessaire de parfaitement sécuriser les phases de transaction (ouvrir des droits de téléchargement spécifiques à un morceau, un album…) bref il s’agit de projets au contexte particulier, souvent très coûteux à mettre en place, et tous les porteurs de projets de ce type n’en ont pas forcément conscience…

Arlette : Qu’elles sont les possibilités de paiement dans le cadre d’une solution e-commerce ? Paiement par prestataire en ligne, Allopass, virement, VAD ?

P. B. : Les possibilités sont innombrables !

Il y a déjà les solutions de paiement sécurisé traditionnelles proposées par :

  • Les intermédiaires financiers : Paybox, bluepaid, klikandpay etc…

  • Les banques : toutes les banques françaises et étrangères proposent aujourd’hui du paiement sécurisé.

  • A coté de cela on retrouve d’autres acteurs comme Paypal, ou encore des solutions offrant des possibilités de paiement évoluées comme ReceiveandPay par exemple, dont nous étions un des tout premier partenaire. Cette solution est intéressante car elle permet les paiements en plusieurs fois sans frais ou à crédit, et le paiement comptant mais avec débit du client à la réception uniquement..

  • Les moyens de paiements plus traditionnels (virement, mandat, à la livraison) sont également pratiqués, mais plus confidentiels.. Aujourd’hui une immense majorité des paiements en ligne se font par carte bancaire.

Arlette : Y-a-t-il des solutions qui permettent de faire l’interface entre la gestion des ventes et la comptabilité ? Enregistrer les ventes directement en comptabilité.

P. B. : Oui. La solution traditionnelle consiste à mettre en place des solutions d’import/export de données entre la solution e-commerce et la solution de gestion commerciale/comptabilité.

Il s’agit souvent d’échanges de fichiers plats à intervalles réguliers… Ce sont les solutions les plus simples à mettre en place.

Une autre solution, plus complexe, mais bien plus performante, consiste à mettre en place une véritable synchronisation entre e-commerce et gestion commerciale/Comptabilité.

C’est ce que nous avons mis en place par exemple avec notre solution inédite OscXchange, primée en 2007 aux trophées e-commerce à Paris. Il s’agit d’une solution e-commerce totalement interfacée avec la Gescom Sage (Sage ligne 100). Cela permet une synchronisation des clients, de tout le catalogue tarifaire (et ainsi disposer d’une partie BtoC mais également BtoB), des commandes et des documents de vente (une commande traitée dans la gestcom permet une mise à jour directe du compte client en ligne, qui peut ainsi suivre l’évolution de sa commande, télécharger sa facture…).

Ce type de solution permet des gains de temps considérables en terme de traitement de commande et permettent ainsi de rationaliser/ optimiser son activité de vente en ligne…

Arlette : A combien peut-on estimer en moyenne le nombre de visite/pour une vente ?

P. B. : On parle généralement d’un taux de transformation de prospect (visiteurs) en client de l’ordre de 2% mais ceci varie considérablement d’une activité à l’autre, d’un produit à l’autre…

Arlette : Les sites de ventes aux enchères sont-ils considérés comme des sites de « e-commerce  » ?

P. B. : L’enchère est une méthode de vente. Un site comme ebay est une place de marché pour particuliers (et parfois professionnels) souhaitant entrer en relation pour conclure des transaction. Il s’agit donc bien comme nous en parlions plus haut, d’e-commerce CtoC.

Arlette : Existe-t-il à votre connaissance un diplôme de e-commerce ?

P. B. : Il existe aujourd’hui plusieurs formations accordant une part importante au e-commerce ou même carrément des formations spécialisées dans l’e-commerce. On trouve notamment des MBA dédié au commerce en ligne (Pôle universitaire Leonard de Vinci par exemple..). Il reste néanmoins difficile aujourd’hui de recruter des compétences vraiment spécialisées en E-commerce et nous formons en général une bonne partie des ressources que nous recrutons, qui sont spécialisées dans le développement web mais n’ont pas forcément l’expertise fonctionnelle nécessaire en e-commerce.

Arlette : Est-il judicieux de mettre des publicités sur un site e-commerce ?

P. B. : Il existe 2 types de publicités sur un site e-commerce : les publicités interne invitant le client à découvrir un produit ou un service du site, un univers particulier, un événement ponctuel (st valentin, noël, soldes etc… ).

  • Les publicités traditionnelles, elles, présentant les produits d’autres sites partenaires, doivent si possible être non intrusives, et limitées à certaines zones du site ne gênant pas la recherche et la navigation du client. Sinon le gain financier de la campagne publicitaire pourrait bien entraîner une chute plus importante du chiffre d’affaire.

  • Les publicités en ligne, aujourd’hui, vont au delà du simple affichage d’un encart publicitaire pour un site ou produit X ou Y. La publicité tente d’apporter un plus au client, par le biais d’un jeu concours par exemple, lui offrant la possibilité de bénéficier d’avantages spécifiques dans le cadre d’une action marketing ( jeu à gratter, gain en bons d’achat, parrainage…)

Arlette : Pouvez-vous nous décliner les principales fonctions que doit apporter une solution e-commerce ?

P. B. : Il est très compliqué de rentrer dans ce genre de catalogue. Aujourd’hui une solution e-commerce propose des centaines de fonctionnalités tournant autour du client, des produits, des commandes, ainsi que d’un ensemble d’outils ayant pour objectif un meilleur traitement de l’information, ou la captation ou fidélisation de la clientèle du site

. Concrètement ont peut catégoriser les fonctionnalités d’un site e-commerce en plusieurs catégories :

  • Les fonctionnalités front office constituent l’ensemble des services mis à disposition du client final : Esthétique du site, affichage et mise en avant du catalogue produit, fonctionnalités de cross selling, up-selling, gestion de lot, fonctionnalités de parrainage, codes promotions, outils de recherche produit, outils de gestion de compte client …

  • Les fonctionnalités back office sont l’ensemble des fonctionnalités permettant de piloter ces services front-office, une meilleure gestion du catalogue et des commandes (gestion de facturation, livraison etc..), de la relation client (historisation des demandes clients, outils de mailing), outils statistiques. Il s’agit d’une manière générale de tout ce qui permettra d’optimiser la gestion du site.

  • Enfin les outils de communication avec les partenaires et prestataires du site : liaison avec le prestataire logistique (envoi des commandes, récupération des numéros de suivi colis..), avec les moteurs de comparaison de prix (kelkoo, leguide.com etc..), liaison catalogue fournisseur etc… Et comme nous l’avons vu précédemment, tous les outils de communication avec le système d’information interne de l’entreprise (gestion commerciale, comptabilité …)

Arlette : Est-il possible de passer facilement d’un site vitrine à un site e-commerce ? ou doit-on refaire entièrement son site ?

P. B. : Tout dépend des technologies employées et de la façon dont a été pensé le site. Un site vitrine n’est rien d’autre qu’un catalogue en ligne sans prise de commande, il suffit donc de rajouter l’ensemble des fonctionnalités de mise au panier, d’achat en ligne… Si ceci à été prévu et anticipé, l’évolution du site peut être très simple, sinon il faut bien souvent refaire tout le site.

Arlette : Pouvez-vous nous lister les points importants a prendre en compte pour la réussite d’un site e-commerce ?

P. B. : Vous avez 2 jours à me consacrer ?

Sérieusement il faut penser le projet de manière globale. Que souhaite on vendre et quels sont les objectifs de cette activité.

Il faudra également déterminer les priorités lors du choix de la solution :

  • Est-ce que je souhaite être locataire de mon site ou propriétaire ?
  • Est-ce que je veux pouvoir faire des modifications moi-même, ou prévoir d’embaucher une ressource pour gérer mon site ?
  • Les design de mon site doit il être particulier ? …

En fonction de ces objectifs il faudra ensuite établir un cahier des charges détaillant tous les besoins concernant la mise en place du site e-commerce, sa promotion et son approvisionnement. Le plus important est donc que le site e-commerce corresponde aux besoins exprimés. Il faut donc que le résultat final soit en adéquation avec ce cahier des charges. Certains besoins très simples se contenteront d’une solution packagée avec une prestation de référencement, d’autres projets feront l’objet de plusieurs semaines d’étude en choix d’outil pour mettre en place une solution sur mesure.


Arlette : A votre avis, peut-on tout vendre via Internet ? Ormi les professions réglementées, et ses charmes.

P. B. : A une époque je pensais que certains produits ne se vendraient jamais sur internet. Depuis j’ai traité des projets très spécifiques dans des contextes étonnants : Nous avons par exemple un client qui vend des poissons exotiques en ligne et cela marche extrêmement bien car le projet était bien pensé et les services proposés tout à fait professionnels.

La nouvelle génération de site e-commerce ressemble de plus en plus au processus de shopping traditionnel dans le sens ou le client vient « flâner » comme il le fait dans une rue commerçante. Les technologies de demain nous permettront de nous « rapprocher » du produit, avec par exemple la possibilité de générer son mannequin personnel pour essayer des vêtements à ses mesures, de comparer des produits sous tous les angles, bref la barrière physique qu’il reste entre le produit et l’internaute est en passe d’être abattue par les nouvelles technologies Internet (Ajax etc…). Bien entendu il restera toujours des activités purement traditionnelles : je pense que les boulangers continueront encore pendant longtemps de nous vendre des baguettes dans des boutiques physiques, avec une bonne odeur de pain chaud … !!

Arlette : En combien de temps en moyenne une boutique virtuelle peut-elle devenir rentable ?

P. B. : Difficile à dire, cela dépend beaucoup du produit et du marché sur lequel il se trouve. La majorité de nos clients rentabilisent leur investissement en quelques semaines voir quelques mois, d’autres mettent près d’un 1 an car les investissements de départ sont importants. Il faut aussi remarquer que l’investissement de conception du site n’est qu’une petite partie du budget du webmarchand : promotion, référencement, approvisionnement font également partie de l’investissement.

Arlette : L’utilisation des cartes volées, le fait que qu’Internet offre un « certain anonymat » , fait que la vente via le net est plus créatrice de fraudes. Comment se protéger de ce fléau ?

P. B. : Le client final est parfaitement protégé en cas de fraude. Il lui suffira de déclarer la fraude et sa banque après une légitime enquête recréditera son compte. Le problème se pose pour le e-commerçant, qui est bien souvent le moins bien protégé par la législation française. Pour les secteurs à risque je ne saurais trop conseiller aux webmarchand de s’orienter vers des solutions d’assurance sur les transactions (type Fiat Net) qui le protégeront parfaitement en cas de fraude.

Arlette : Quel est le budget moyen pour avoir une solution e-commerce clé en main ?

P. B. : Cela est très variable du fait de la grande disparité entre les offres du marché. Il existe des solutions très économiques semi-professionnelles, mais qui ne sont pas faites pour supporter la croissance et la réussite d’une activité de vente en ligne professionnelle. Chez Businesshop nous considérons qu’il faut un budget minimal de l’ordre de 3 000 €uros pour lancer une activité e-commerce, disposer d’une charte graphique sur mesure, d’un bon hébergement et de tous les services « standards » associés, et bien entendu être propriétaire de son site, ce qui me semble très important…

Arlette : Comment bien choisir le prestataire fournisseur d’un site « e-commerce » ?

P. B. : Je dirais qu’un bon prestataire est déjà celui qui vous propose le meilleur contact, et comprend votre besoin, en y apportant une réponse adéquate.

Tout d’abord je pense qu’il faut prendre contact et si possible rencontrer le prestataire : qui prendrait un architecte pour sa maison sans jamais avoir eu de contact avec lui autre que par mail ? Et bien pourtant beaucoup d’entrepreneurs en ligne choisissent un prestataire e-commerce sans plus d’informations.

Je conseillerai donc à tout entrepreneur souhaitant lancer son activité e-commerce de prendre contact direct avec plusieurs prestataires, les rencontrer, discuter tout simplement du projet. Il faut ensuite leur transmettre un cahier des charges le plus précis possible et leur demander une proposition commerciale détaillée.

A la lecture des offres il devrait être facile de faire un choix.

La consultation des références du prestataire est également primordiale.

Au final, plus qu’une technologie, il faut choisir le prestataire en fonction de la réponse qu’il peut vous apporter, de son adéquation avec votre besoin.

Arlette : Il y a donc deux possibilités pour avoir un site marchand . Le faire soi-même ou le faire développer par un prestataire. Quels sont les avantages et inconvénients dans les deux cas ?


P. B. : Faire son site soi-même permet une économie financière, et permet également de rentrer dans les arcanes de la mise en œuvre d’un projet e-commerce.

Mais cela demande des compétences très pointues en informatique, et l’économie financière est souvent anéantie par le temps à consacrer à sa réalisation.

Trop de site e-commerce sont réalisés par des ‘non professionnels’ avec les moyens du bord et le résultat peut être catastrophique non seulement pour l’activité e-commerce qui ne décollera jamais mais également pour l’image de la société.

Faire développer son site par un prestataire peut conduire au même résultat 😉 Mais si l’on choisi de travailler avec des professionnels, ceux-ci vous apporteront les conseils nécessaires pour éviter tous les écueils dans la mise en place d’un site e-commerce, vous proposeront une solution professionnelle et le support adéquat. Cela vous permettra de consacrer votre temps et votre énergie à ce qui fera la réussite de votre activité : la promotion et la gestion de votre activité commerciale.

Bien entendu il faut disposer dés le départ d’un budget. Quoi qu’il en soit cela reste tout à fait relatif : les sommes à investir sont tout à fait raisonnable en comparaison du potentiel des sites e-commerce actuel.

Arlette : Quelles sont à votre avis les évolutions majeurs intervenues sur le marché de l’e-commerce ces derniers mois ?

P. B. : Les solutions e-commerce ont fait un grand pas en avant ces dernières années et surtout ces derniers mois avec l’adoption des technologies type Ajax qui permettent de proposer au visiteur une interface bien plus riche et intuitive dans sa navigation sur la boutique en ligne. Les outils de présentation des produits se sont également considérablement enrichis et rendent le parcours sur les sites e-commerce de dernière génération ludique et distrayant. C’est presque devenu une nouvelle forme de divertissement.

Le développement de nouvelles solutions allant au-delà du simple périmètre e-commerce, comme ce que nous avons fait avec OscXchange par exemple, permet désormais d’intégrer la vente en ligne au cœur de l’entreprise, en faisant un canal de distribution majeur. Ces interactions permettent également de bien mieux gérer les ressources affectées à la gestion du site internet, d’où une optimisation des coûts et une amélioration de la rentabilité…

Arlette : A votre avis quel est l’avenir des solutions E-commerce ?

P. B. : Demain, l’avenir du site marchand passera par l’intégration massive d’outil de type CRM dans un projet global e-commerce. L’accent sera mis sur la fidélisation et l’optimisation de la relation du client. Il faut dès à présent permettre aux webmarchands d’offrir à leurs clients un meilleur service, leur répondre plus rapidement, de manière plus pertinente, bref se démarquer de leurs concurrents sur leur marché. C’est ce que permettent aujourd’hui les solutions CRM. Synolia tâche d’être en pointe dans ce domaine avec d’ores et déjà des solutions e-commerce/CRM globale opérationnelle.

L’enjeu est, plutôt que de partir à la conquête de nouveaux clients, ce qui peut s’avérer très coûteux, est de réussir à conserver et fidéliser ses clients actuels… Le travail à faire en ce sens est considérable.

Les solutions e-commerce de demain seront toujours plus efficaces, couplées à la gestion commerciale et la comptabilité pour le traitement des commandes, et à un outil CRM puissant pour la fidélisation et le service client. Nous sommes encore en l’an 1 de l’e-commerce !!!

Arlette : Merci d’avoir répondu à mes questions

P. B. : Merci à vous

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